Histoires insolites (suite)

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La Tartarie

UNE ESPECE LEGENDAIRE : L’AGNEAU DE TARTARIE

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, Peepaulzine vous propose une histoire insolite qui donne à réfléchir sur la capacité inouïe de l’imaginaire à altérer la réalité. C’est ainsi que naît la légende qui donne pour vérité, l’apparence de ce qui existe en interprétant de manière subjective ce que nous restituent nos sens de perception limités. Le plus singulier, c’est que la raison s’en accommode, probablement pour trouver comme le disait Goncourt, « une distraction dans le surnaturel. » Car, l’esprit humain est avide de fantastique pour enjoliver une réalité dont il ne perçoit que la banalité. Certes, la vie quotidienne porte son lot de platitudes, mais avec un brin d’intérêt accordé aux réalités du monde qui nous entoure, comment ne pas admettre qu’elles tiennent d’un prodige qui nous dépasse ? Pas besoin d’en inventer…
Mais, revenons à notre histoire insolite. Au Moyen Age, les européens appelaient Tartarie, les territoires de l’Asie comprenant entre autres, la Mongolie, la Mandchourie, le Turkestan, l’Afghanistan et le Baloutchistan. Un voyageur du XIVème siècle nommé Jehan de Mandeville entreprit de très longs voyages dans le Levant et en Extrême Orient. De ses expéditions, il rapporta des récits que l’on juge aujourd’hui plus ou moins véridiques, mais qui obtinrent à l’époque, un vif succès. Et pour cause ! Il fait par exemple allusion à des îles habitées par des géants de 50 pieds de haut, à des diables vomissant des flammes depuis le sommet des montagnes, mais surtout, il évoque un animal fabuleux : un certain agneau de Tartarie, fruit d’une graine de melon…
agneau de tartarieIl explique donc que cette « espèce » n’est ni plante, ni animal et qu’elle se nomme Barometz en langue de Tartarie, ce qui signifie « agneau ». D’ailleurs, et pour illustrer son propos, il joint une figure représentant un arbuste produisant des petits moutons très laineux. En réalité, cet arbre-animal n’était autre que… le cotonnier ! Or, si son usage était largement répandu en Asie, le coton était inconnu des voyageurs européens. Et ils le confondirent avec la laine… Inspirés par une logique étonnante, ils en conclurent que cette matière ne pouvait être produite que par des moutons ! Pour valider leur raisonnement, ils mirent en relief un détail probablement indiscutable à leurs yeux que nous soumettons à votre appréciation ! Ils rapportèrent en effet, que les tiges de la plante se courbaient pour permettre aux moutons de paître. Dès qu’ils avaient dévoré l’herbe alentour, les agneaux mouraient et l’arbre avec eux..!
C’est ainsi qu’en Europe, on crut sincèrement que le coton n’était ni plus, ni moins que la toison des agneaux qui poussaient sur un arbre exotique !
planta tartarica.png
Mouton en position inconfortable !
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Rhizome à l’envers

Toutefois, il existe une autre plante à laquelle on prêta une spécificité analogue. Il s’agit du Cibotium Barometz, c’est-à-dire une fougère asiatique dotée d’un rhizome assez conséquent et recouvert de poils. Comme on croyait que ces poils provenaient d’un animal, il fut appelé Agneau de Cythie et même Agneau de Tartarie dont il existe des illustrations pour le moins insolites ( ci-contre) ! En fait, si on coupe les pétioles des frondes (feuillages) rattachées au rhizome et qu’on le retourne, on peut y voir une vague ressemblance avec un mouton. Convaincus par cet aspect approximatif, les voyageurs européens offrirent donc à leur retour le Cibotium Barometz au Bestiaire Fabuleux !

 A bientôt pour de nouvelles histoires insolites !

9 réflexions sur « Histoires insolites (suite) »

  1. Petit partage à l’heure où le foot occupe nos « ondes », entre autre!!!! le 11/6/2016 ,une belle personne, Sophie Leleu, chanteuse et compositions pour harpe et voix, a donnée un concert dans la crypte de St Gilles, endroit magique! en terme de son et résonnance!, elle a chanté accompagnée de son harpe des chants anciens séfarades , sur les thèmes où les femmes communiquaient par chants la vie!!!!
    Cela a été un moment magique!!!
    Si votre curiosité vous pousse plus loin,Vous pouvez allez sur son site
    bonne lecture

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  2. Pour être insolite, l’histoire est insolite, et comme en 1340/1360 tout était à découvrir ; comment ne pas hésiter à ce « faire un nom » en usurpant le travail d’autrui puisque notre auteur aurait été débusqué quelques années après ses écrits ; alors …. et si Jehan de Mandeville avait été un affabulateur !..
    Le livre fut longtemps considéré comme un récit de voyage, fatalement mensonger puisque l’auteur décrit des terres qu’il n’aurait pas vues et se livrerait au crime habituel des géographes du Moyen Âge, la compilation – crime d’autant plus grave que Mandeville aurait pillé des voyageurs sérieux, Guillaume de Boldensele et Odoric de Pordenone. Le Livre des merveilles du monde est en fait une description du monde connu au xlve siècle, qui renouvelle par la forme choisie, entre récit de voyage et traité savant, le genre des Images du monde. Le monde décrit par Mandeville est un espace ouvert, intégrant l’Asie extrême-orientale, discutant les possibilités toutes théoriques de circumnavigation du monde, s’attardant à décrire précisément des itinéraires, insérant histoires, légendes et mentions fabuleuses dans un récit entrelacé de références bibliques et de considérations religieuses.
    Nous étions en 1340/1350 .. qu’en est-il en 2016 ? la nature humaine a t’elle évoluée ? devient-elle plus consciente ? ou y a -t’il encore des moutons qui suivent le troupeau sans se poser de questions ? hum hum qu’en dites vous ? Bien à vous esprit rebelle qui fait, grâce au site peepaulzine, la différence entre naïveté, vérité, certitude ! et qui garde en son coeur l’intelligence du « je ne sais pas » ce qui lui ouvre grand les portes de l’apprendre.

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  3. Une découverte qui n’était pas une galéjade …. Cette histoire m’interpelle au niveau du DOUTE ! Et oui ceux qui n’étaient pas présents lors de cette aventure, qui, entre parenthèses, n’est pas mise en doute à ce jour par les experts, montre que le doute de l’autre devient un frein à l’évolution de l’individu. En effet, celui qui vit une expérience sera malmené par le doute de l’autre, des autres, qui ne pouvant accepter cette dernière par ignorance, par peur, par méfiance, par perte de contrôle, va semer son doute non sur l’expérience mais sur la valeur humaine de celui qui l’a vécue comme le vent parsème les graines ça et là !… Ainsi l’expérience devra être reconnue par maintes et maintes autres personnes … pour que le soit disant imposteur soit réellement honnête !…. et nous …. Comment doutons-nous ? de nous ? de l’autre ? Comment la confiance en nous, en l’autre se développe t’elle ? Comment différencier le juste du mensonge ? Comment nous approprions nous l’expérience de l’autre ? Par déni ? Par acceptation ? Par rumeurs toujours nuisibles ? Qu’est-ce qui fait blocage en nous pour douter automatiquement ? Devenons conscient de nos manques, de nos blocages ? Apprenons à voir en nous notre mode de fonctionnement égotique et soyons vigilent. Le doute lorsqu’il devient médisance nuit gravement à tous, il est poison, et le poison tue !

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