Histoires insolites (suite)

 260px-Pythéas

 UNE DECOUVERTE QUI N’ETAIT PAS UNE GALEJADE…

 Si la ville de Marseille conserve sa désignation de cité phocéenne, c’est parce qu’elle fut précisément fondée par les phocéens qui lui donnèrent le nom de Massalia. C’est là que naquit Pythéas aux environs de 380 avant J.C.
Explorateur et astronome, ce dernier entreprit un voyage d’exploration dans l’Atlantique Nord où ne s’étaient jamais aventurés les Grecs. C’est ainsi qu’au cours d’un périple qui a probablement duré six ans, il découvrit une île inconnue de ses compatriotes : la Grande Bretagne. Il y débarqua en plusieurs endroits ce qui lui permit de prendre contact avec la population qu’il décrivait comme hospitalière et de manières aimables. Surpris par le climat extrêmement frais de l’île, ce méditerranéen noua, semble-t-il, de bonnes relations avec les autochtones. Selon ses dires, ils étaient de mœurs simples et gouvernés par de nombreux rois mais tout le monde semblait vivre en bonne intelligence. Il rencontra des bergers, visita une mine d’étain en Cornouailles et rapporta un détail intéressant : ce peuple ne buvait pas de vin mais une liqueur fabriquée à base d’orge et appelée curmi, c’est-à-dire cervoise (ou : bière).
Toutefois, il poussa plus loin son exploration et navigua probablement en vue de l’Islande et de la Norvège, rencontrant des blocs de glace flottants, plus gros que son bateau. A cette époque, comme on évoquait l’existence d’une terre inexplorée à l’extrême Nord de la

thulé
L’île légendaire de Thulé

planète, il pensa l’avoir trouvée. Cette terre mythique était appelée Thulé, mais il est possible qu’il se soit en fait approché de l’Islande et qu’il se soit aventuré jusqu’en Arctique ou jusqu’au Grœnland.
Quoiqu’il en soit, à son retour à Massalia, il fit avec ardeur le récit des détails de son voyage, mais personne ne le crut. Il fut accusé de mensonges, de vantardise et tous les savants de l’époque affirmèrent qu’il racontait des galéjades… Comment croire un personnage qui prétendait que dans cette partie du monde, le soleil ne se couchait jamais ?
Toutefois, le reniement du monde scientifique dura des siècles ! L’un d’entre eux, le géographe Strabon fut son principal détracteur. Alors qu’il n’avait jamais été vérifier l’exactitude de ses propres évaluations, ce dernier situa l’Irlande au nord de l’Ecosse, bien

carte europe selon strabon
Carte de l’Europe, selon Strabon

que Pythéas avait affirmé que cette île se trouvait à l’Ouest de la Grande Bretagne. Et, ce sont les affirmations de Strabon qui l’emportèrent  ce qui donna une carte singulière de l’Europe..!

Pythéas passa le reste de sa vie à tenter de convaincre ses contemporains, mais sans succès. Il écrivit cependant deux ouvrages : l’Océan et Une description de la terre. Malheureusement, ils furent détruits probablement dans l’un des incendies de la Bibliothèque d’Alexandrie.
Il faut croire qu’à cette époque, mieux valait déjà faire confiance à des évaluations approximatives plutôt qu’à des expériences dont la réalité déconcertante ne s’accordait pas avec les croyances, fussent-elles le fruit de cerveaux érudits !
A bientôt pour de nouvelles histoires insolites !

9 réflexions sur « Histoires insolites (suite) »

  1. Petit partage à l’heure où le foot occupe nos « ondes », entre autre!!!! le 11/6/2016 ,une belle personne, Sophie Leleu, chanteuse et compositions pour harpe et voix, a donnée un concert dans la crypte de St Gilles, endroit magique! en terme de son et résonnance!, elle a chanté accompagnée de son harpe des chants anciens séfarades , sur les thèmes où les femmes communiquaient par chants la vie!!!!
    Cela a été un moment magique!!!
    Si votre curiosité vous pousse plus loin,Vous pouvez allez sur son site
    bonne lecture

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  2. Pour être insolite, l’histoire est insolite, et comme en 1340/1360 tout était à découvrir ; comment ne pas hésiter à ce « faire un nom » en usurpant le travail d’autrui puisque notre auteur aurait été débusqué quelques années après ses écrits ; alors …. et si Jehan de Mandeville avait été un affabulateur !..
    Le livre fut longtemps considéré comme un récit de voyage, fatalement mensonger puisque l’auteur décrit des terres qu’il n’aurait pas vues et se livrerait au crime habituel des géographes du Moyen Âge, la compilation – crime d’autant plus grave que Mandeville aurait pillé des voyageurs sérieux, Guillaume de Boldensele et Odoric de Pordenone. Le Livre des merveilles du monde est en fait une description du monde connu au xlve siècle, qui renouvelle par la forme choisie, entre récit de voyage et traité savant, le genre des Images du monde. Le monde décrit par Mandeville est un espace ouvert, intégrant l’Asie extrême-orientale, discutant les possibilités toutes théoriques de circumnavigation du monde, s’attardant à décrire précisément des itinéraires, insérant histoires, légendes et mentions fabuleuses dans un récit entrelacé de références bibliques et de considérations religieuses.
    Nous étions en 1340/1350 .. qu’en est-il en 2016 ? la nature humaine a t’elle évoluée ? devient-elle plus consciente ? ou y a -t’il encore des moutons qui suivent le troupeau sans se poser de questions ? hum hum qu’en dites vous ? Bien à vous esprit rebelle qui fait, grâce au site peepaulzine, la différence entre naïveté, vérité, certitude ! et qui garde en son coeur l’intelligence du « je ne sais pas » ce qui lui ouvre grand les portes de l’apprendre.

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  3. Une découverte qui n’était pas une galéjade …. Cette histoire m’interpelle au niveau du DOUTE ! Et oui ceux qui n’étaient pas présents lors de cette aventure, qui, entre parenthèses, n’est pas mise en doute à ce jour par les experts, montre que le doute de l’autre devient un frein à l’évolution de l’individu. En effet, celui qui vit une expérience sera malmené par le doute de l’autre, des autres, qui ne pouvant accepter cette dernière par ignorance, par peur, par méfiance, par perte de contrôle, va semer son doute non sur l’expérience mais sur la valeur humaine de celui qui l’a vécue comme le vent parsème les graines ça et là !… Ainsi l’expérience devra être reconnue par maintes et maintes autres personnes … pour que le soit disant imposteur soit réellement honnête !…. et nous …. Comment doutons-nous ? de nous ? de l’autre ? Comment la confiance en nous, en l’autre se développe t’elle ? Comment différencier le juste du mensonge ? Comment nous approprions nous l’expérience de l’autre ? Par déni ? Par acceptation ? Par rumeurs toujours nuisibles ? Qu’est-ce qui fait blocage en nous pour douter automatiquement ? Devenons conscient de nos manques, de nos blocages ? Apprenons à voir en nous notre mode de fonctionnement égotique et soyons vigilent. Le doute lorsqu’il devient médisance nuit gravement à tous, il est poison, et le poison tue !

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