Histoires insolites (suite)

major martin.png
Agent secret malgré lui…

L’OPERATION MINCEMEAT
(traduction : viande hachée, chair à pâté…)

Nous sommes en 1942, au terme de la campagne d’Afrique du Nord. Les Alliés se préparaient à mener de nouvelles opérations militaires en Sicile, objectif dont la probabilité n’avait pas échappé aux Allemands. Comment brouiller les pistes, ébranler leurs convictions et les détourner du secteur des futures opérations alliées ?
Les services secrets de la marine britannique imaginèrent une solution tout aussi insolite qu’audacieuse. En effet, ils proposèrent de faire dériver près des côtes espagnoles, le corps d’un pseudo agent de liaison, supposé victime d’un accident d’avion et qui se serait noyé. Naturellement, il fallait crédibiliser ce projet plutôt téméraire ! Afin de tromper l’ennemi, il fut convenu qu’on trouverait sur lui, non seulement des faux documents secrets prétendument adressés aux autorités compétentes, mais également différents indices faisant allusion à sa vie sociale et sentimentale avant son « accident ». On glissa donc dans son portefeuille plusieurs papiers personnels dont la photo d’une « petite amie », quelques lettres tendres et deux billets d’un spectacle représenté à Londres huit jours avant sa mort.
Cependant, restait précisément à trouver le corps d’un défunt dont on pourrait attribuer le décès à une noyade ! Selon certaines sources, il se trouva qu’un soldat britannique décéda, victime d’une mauvaise pneumonie. Il ignorait qu’il allait accomplir une ultime et glorieuse mission post-mortem qui sauverait de très nombreuses vies et leurrerait les services secrets allemands… Selon d’autres sources, il s’agissait d’un vagabond alcoolique et on ne peut donc à ce jour donner avec certitude sa véritable identité !
Quoiqu’il en soit, on lui attribua un nom d’emprunt et c’est ainsi qu’il devint le Major William Martin de l’infanterie de marine anglaise et dont le corps conservé dans de la neige carbonique « prit ses fonctions » le 19 avril 1943 dans la soute à torpilles du sous-marin Seraph ! Dans une sacoche enchaînée à son poignet avait été glissée une lettre destinée au Général Alexander, commandant le 18ème Corps d’Armée en Afrique. Document majeur ! Car, il précisait que le lieu du débarquement n’était pas la Sicile mais un lieu « imprécis » en Méditerranée occidentale. A ce document, s’ajoutait une lettre de Lord Mountbatten à Sir Andrew Cunningham, Amiral de la Flotte. Une phrase équivoque lui laissait entendre que le débarquement aurait lieu en Sardaigne : « Il peut apporter des sardines, car elles sont rationnées ici. »

hms Seraph.png
HMS Seraph

Le 30 avril 1943, le corps du « major William Martin » fut glissé au large d’Huelva, ville située dans l’extrême sud-ouest de l’Espagne, en Andalousie. Poussé par la marée, il s’échoua à l’aube sur les côtes espagnoles et fut découvert par un pêcheur qui le remit aux autorités portuaires. Or, bien que le gouvernement espagnol se prétendait neutre durant ce conflit mondial, il collaborait avec l’administration allemande et l’un de ses agents qui séjournait à Huelva fut discrètement prévenu de cette découverte. Assurément, il mordit à l’hameçon et crut tirer avantage du contenu de la sacoche !

Le corps du Major William Martin fut ensuite remis au vice-consul anglais et on le mit en terre en Espagne… avec les honneurs militaires.
L’opération Mincemeat avait réussi et bien des vies furent ainsi épargnées lors de l’invasion de la Sicile par les Alliés !

 

9 réflexions sur « Histoires insolites (suite) »

  1. Petit partage à l’heure où le foot occupe nos « ondes », entre autre!!!! le 11/6/2016 ,une belle personne, Sophie Leleu, chanteuse et compositions pour harpe et voix, a donnée un concert dans la crypte de St Gilles, endroit magique! en terme de son et résonnance!, elle a chanté accompagnée de son harpe des chants anciens séfarades , sur les thèmes où les femmes communiquaient par chants la vie!!!!
    Cela a été un moment magique!!!
    Si votre curiosité vous pousse plus loin,Vous pouvez allez sur son site
    bonne lecture

    J'aime

  2. Pour être insolite, l’histoire est insolite, et comme en 1340/1360 tout était à découvrir ; comment ne pas hésiter à ce « faire un nom » en usurpant le travail d’autrui puisque notre auteur aurait été débusqué quelques années après ses écrits ; alors …. et si Jehan de Mandeville avait été un affabulateur !..
    Le livre fut longtemps considéré comme un récit de voyage, fatalement mensonger puisque l’auteur décrit des terres qu’il n’aurait pas vues et se livrerait au crime habituel des géographes du Moyen Âge, la compilation – crime d’autant plus grave que Mandeville aurait pillé des voyageurs sérieux, Guillaume de Boldensele et Odoric de Pordenone. Le Livre des merveilles du monde est en fait une description du monde connu au xlve siècle, qui renouvelle par la forme choisie, entre récit de voyage et traité savant, le genre des Images du monde. Le monde décrit par Mandeville est un espace ouvert, intégrant l’Asie extrême-orientale, discutant les possibilités toutes théoriques de circumnavigation du monde, s’attardant à décrire précisément des itinéraires, insérant histoires, légendes et mentions fabuleuses dans un récit entrelacé de références bibliques et de considérations religieuses.
    Nous étions en 1340/1350 .. qu’en est-il en 2016 ? la nature humaine a t’elle évoluée ? devient-elle plus consciente ? ou y a -t’il encore des moutons qui suivent le troupeau sans se poser de questions ? hum hum qu’en dites vous ? Bien à vous esprit rebelle qui fait, grâce au site peepaulzine, la différence entre naïveté, vérité, certitude ! et qui garde en son coeur l’intelligence du « je ne sais pas » ce qui lui ouvre grand les portes de l’apprendre.

    J'aime

  3. Une découverte qui n’était pas une galéjade …. Cette histoire m’interpelle au niveau du DOUTE ! Et oui ceux qui n’étaient pas présents lors de cette aventure, qui, entre parenthèses, n’est pas mise en doute à ce jour par les experts, montre que le doute de l’autre devient un frein à l’évolution de l’individu. En effet, celui qui vit une expérience sera malmené par le doute de l’autre, des autres, qui ne pouvant accepter cette dernière par ignorance, par peur, par méfiance, par perte de contrôle, va semer son doute non sur l’expérience mais sur la valeur humaine de celui qui l’a vécue comme le vent parsème les graines ça et là !… Ainsi l’expérience devra être reconnue par maintes et maintes autres personnes … pour que le soit disant imposteur soit réellement honnête !…. et nous …. Comment doutons-nous ? de nous ? de l’autre ? Comment la confiance en nous, en l’autre se développe t’elle ? Comment différencier le juste du mensonge ? Comment nous approprions nous l’expérience de l’autre ? Par déni ? Par acceptation ? Par rumeurs toujours nuisibles ? Qu’est-ce qui fait blocage en nous pour douter automatiquement ? Devenons conscient de nos manques, de nos blocages ? Apprenons à voir en nous notre mode de fonctionnement égotique et soyons vigilent. Le doute lorsqu’il devient médisance nuit gravement à tous, il est poison, et le poison tue !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Partage de savoir-faire, de connaissances, d'opinions avec humour et bonne humeur.

%d blogueurs aiment cette page :